Historique I Conseil d'administration I Activités I Contact


Présentation : Historique

D'Europe de l'Est et d'ailleurs
Au début du XXème siècle, l'immigration des juifs d'Europe de l'Est est massive.
De Russie, de Pologne, de Roumanie et d'ailleurs, des familles entières fuient la misère, les persécutions et gagnent la France qui leur tend les bras.
Ces juifs se retrouvent principalement à Paris où ils exercent des petits métiers dans la confection, la bonnetterie, la chaussure, le cuir, les métaux etc.
Mais ils sont rapidement confrontés à des problèmes matériels, administratifs et sanitaires.
Ils décident alors de se regrouper au sein d'associations d'originaires en fonction de leur lieu d'origine, de leur métier, de leur lieu d'arrivée dans la capitale ou tout simplement d'affinités.
Leur idée est de créer un groupe d'entraide pour obtenir des aides matérielles, l'accès aux soins, l'organisation du dernier devoir. Pour cela, ils utiliseront ce que la République leur proposera: le Code de la Mutualité.
Ils créèrent ainsi des Sociétés de Secours mutuels, devenues des Sociétés Mutualistes puis des Mutuelles régies par le Livre III du Code de la Mutualité réactualisé en 2002.

Les pionniers du social
En 1929, quelques amis arrivés de Pologne quelques années auparavant se retrouveront, l'estime qu'ils ont les uns pour les autres est très forte.
Ils sont sept et se nomment Herman SKOPEK, Jacob KARSLBAD, Henoch LECT, Leib ABRACHKOFF, Tsyla TENCZER, Lipman ROSZEWITCH, Szulem ORGAN. Ils veulent créer une Société de Secours Mutuels.
Ils se réunissent et décident de l'appeler " Les Solidaires ". Tout doit être prêt pour le 1er janvier 1930, les documents de constitution seront revus et corrigés par Simon Roszewitch, le fils de Lipmann, alors âgé de 14 ans mais le seul à savoir écrire en français.
Mais en janvier 1930, Herman SKOPEK reçoit son décret de naturalisation française. Il est fou de joie et sa fierté indescriptible restera dans bien des mémoires. Il était déjà le chef de file de cette équipe, c'était lui qui avait réuni les autres. Il les convoque en ce qu'il imagina déjà une Assemblée Générale constitutive et propose pour dénomination de la future Société de Secours Mutuels : LES AMIS ISRAELITES DE FRANCE, en reconnaissance à la patrie pour son décret de naturalisation.
Cette proposition fut acceptée et le 12 février 1930 les statuts seront déposés au Ministère de Tutelle, le Ministère du Travail, par Jacob KARLSBAD, le siège sera rue Hermel à Paris chez Herman SKOPEK le président-fondateur officiel, puis un document de la Préfecture de la Seine officialisera le 20 juillet 1930 la naissance des AMIS ISRAELITES DE FRANCE.
Pendant dix ans, la Sociéré s'étoffera, les fondateurs y inclueront les familles des gendres et des brus, les beaux-frères et les belles-soeurs, les cousins et les cousines, les neveux et les nièces, les voisins et les amis. Les bals et les mariages se succèdent, les fêtes sont les temps forts de la vie de la Société.
D'autres grandes familles viendront jouer un rôle primordial dans la vie des Amis Israélites de France, les ABRAMOVITCH, RUBIN, VARJAQUES, NETZLER, FENIGHCHTEIN, MILLER, etc.

Les moments difficiles
Mais dix ans plus tard, c'est la guerre, les sociétaires se réfugient dans la clandestinité, se cachent, ils seront finalement déportés en masse, peu échaperont ou reviendront des camps de la mort.
Au lendemain de la guerre quelques dizaines de sociétaires tenteront de faire revivre la Société tant bien que mal, d'anciens déportés comme Léon Kaminski ou Nathan Rutta considéreront la Société comme leur propre famille, parfois leur unique famille. Mais il semble évident qu'il faudra attendre que la génération née après la guerre devienne adulte, les années 70, pour que la Société soit définitivement sauvée et promise à un avenir certain.
Alors pendant vingt ans, les anciens feront vivre aux jeunes l'existence de ce groupe d'amis dont certains ont survécu à la Shoah, et les nouvelles familles de dirigeants, rattachées ou simple descendance directe, entreprendront un travail de formation. Ces familles se nommaient ABRAMOVITCH, RUBIN, NETZLER, BERENBAUM. Un travail magnifique, une leçon merveilleuse puisque les descendants, les familles BRAND, BISMUTH, BRONES, KAMINSKI, LEIBOVITZ, ROZEN, RUTTA,SUCHOD, SZTANKE, et bien d'autres encore ont retrouvé le même lien qui unissait les anciens avant la guerre.

Le renouveau
C'est une amitié profonde qui s'est naturellement posée dans la succession.
Dans les années 80, une nouvelle génération voit le jour, elle grandit avec les Amis Israélites de France, se retrouve pour les grandes occasions et vingt ans plus tard, lors de la grande fête du 70ème anniversaire, on annoncera avec fierté la présence de la cinquième génération sociétaire.
Entre temps, cette chaîne d'union allait s'enrichir grâce à de nombreux et nouveaux anneaux puisque certaines familles ayant créé d'autres sociétés de secours mutuels décidèrent de rejoindre les Amis Israélites de France, avec l'ensemble de leurs adhérents.
Ces décideurs mus par un esprit communautaire se nommaient David KORNICKI avec les Israélites de Paris, Félix RODACH avec Zichron Israël, Fiszel GALINSKY avec Souvenir d'Isaac, Jacques SAMACHER avec Myedzyslerc Podlarski et Vohyn, Jacqueline VAIMAN avec les Galiciens en France et Salomon SALZMANN avec Prévoyance et Fraternité.
Aujourd'hui, la Mutuelle dite " Les Amis israélites de France " représente la plus grande composante de la Fédération des Sociétés Juives de France, elle est présidée par ALAIN KAMINSKI, arrière-petit-fils de l'un des fondateurs mort avec son épouse en déportation.
De l'idée d'Herman SKOPEK en 1929 à la naissance de Joshua WARGON en 2004, cette grande famille fait des Sociétés de Secours Mutuels un modèle de solidarité de la Communauté Juive de France.



Pour recevoir la cassette vidéo retraçant tout l'historique des Amis Israélites de France cliquez ici.