Editorial

Chers sociétaires,
Ce site internet que nous venons de créer est le vôtre.
Il est l'outil indispensable pour communiquer avec vous et avec toutes celles et tous ceux qui souhaitent entrer en contact avec Les Amis Israélites de France. Il remplace désormais le bulletin "papier" que nous avons cessé de publier pour imaginer un moyen de communication parfaitement adapté à notre époque.
Nous ne sommes pas sans savoir que de nombreux sociétaires ne disposent pas du matériel nécessaire et d'un accés à Internet, mais nous pensons qu'autour d'eux des proches parents et des amis pourront les aider à visualiser régulièrement notre site.
Ce moyen de communication et d'information nous permet de réagir plus rapidement que l'ancienne publication bi-mestrielle, il nous permet surtout de recueillir vos réactions au quotidien.
Ce site nous permet surtout de vous informer de l'actualité de notre société mutualiste et d'assurer un contact permanent avec tous nos adhérents.
Cette rubrique intitulée "Editorial" sera une réaction objective à certains événements qui font l'actualité de notre Communauté.

Je vous souhaite une très bonne année 5765, et que nos cœurs se rapprochent en même temps que nos mains.

Alain KAMINSKI



Novembre 2004

SDEROT je t'aime

Elle est de mon âge, je l'ai rencontrée il y a quelques jours lors de la Mission de Solidarité en Israël de novembre 2004 organisée par le CRIF, le FSJU et l'AUJF à laquelle j'ai participé.
Son nom veut dire " les Boulevards ".
Il y a une chanson française bien connue qui nous invite à nous promener sur les grands boulevards où il y a tant de choses et tant de choses à voir.
Mais dans cette ville de Sderot, à 800 mètres de la bande de Gaza, se promener sur des grands boulevards reste un rêve car il pleut chaque jour des roquettes Kassam, engin artisanal qui détruit et qui a déjà tué aveuglément des enfants de Sderot.
Sderot est une ville de 25000 habitants peuplée à 50% d'immigrés du Caucase, d'Ouzbekistan et d'Ethiopie, et pour le reste de Marocains de la troisième génération. Je les ai rencontrés, serrés dans mes bras, ils sont fiers de leur ville, pauvre mais si courageuse.
Sderot et ses trottoirs défoncés, ces grillages rouillés et ses carrefours en manque de panneaux indicateurs. Sderot avec ses écoles de l'espoir où des jeunes en échangeant leur accent apportent tant de fraternité à cette ville qui craint l'exode chaque jour.
C'est vrai que Sderot n'attire pas les touristes, les entreprises ni les donateurs qui ont préféré que leur nom figurât sur une porte de dispensaire de Jerusalem ou Tel-Aviv plutôt que sur une grille de jardin de Sderot.
Et bien moi j'ai craqué pour Sderot l'intrépide, celle dont les enfants sont si attendrissants, celle qui compte sur nous, celle de ces nouveaux batisseurs de l'Etat d'Israël.
Israël, ce n'est pas seulement Herzlya-Beach, la croisette de Tel-Aviv où les grands hôtels d'Eilat. Ce n'est pas seulement les Amis des grandes universités où des grands hôpitaux qui font un travail remarquable certes, mais c'est aussi les collèges et les crèches de Sderot la vaillante.
Si Monsieur Patrick Devedjian pouvait m'entendre, lui l'homme fort de la ville d'Antony, le ministre délégué à l'Industrie. Sderot est jumelée avec Antony, Sderot est sa petite soeur, elle a été fondée il y a un demi-siècle par David Ben Gourion qui voulait développer le Neguev.
Antony la grande sœur, avec ses sièges sociaux de grandes entreprises, sa résidence universitaire, ses quartiers résidentiels, se développe depuis François 1er.
A quoi sert tous ces jumelages de villes riches et de villes pauvres ? A des fins électorales ? Les antoniens savent-ils que Sderot n'a même pas les moyens d'installer un panneau à l'entrée de la ville pour informer ses habitants ou les visiteurs que la ville est jumelée avec Antony ?
C'est à Sderot que j'ai rencontré cette jeune fille fille d'origine éthiopienne si timide et au visage dessiné qui vient d'être élue Miss Néguev et dont la ville est si fière.
C'est à Sderot qu'un jeune éthiopien de 16 ans s'est approché de moi avec un vieux sac en plastique tout froissé duquel il a sorti un objet qu'il ne quitte jamais : sa coupe de champion d'Israël dans sa catégorie aux 5000 mètres et aux 10000 mètres. Il s'est promis qu'un jour il remporterait une médaille d'or aux Jeux olympiques pour Israël.
Antony a oublié Sderot avant de l'avoir connue, avant d'avoir rencontré ses enfants.
Moi je retournerai les voir car ils m'ont conquis et ils ont besoin de nous.

Alain KAMINSKI



Décembre 2004

A cœur ouvert

Les collectes ont toujours eu leur place dans notre "paysage communautaire" car elles existent depuis la nuit des temps.
Dans un premier temps, nombreux sont nos coréligionnaires qui s'interrogent encore sur la raison d'être des Amis de l'Hôpital Hadassah par exemple , alors qu'ils auraient aussi souhaité entendre parler des Amis de l'Hôpital Saint-Antoine, Lariboisière ou Boucicault. Je les comprends parfaitement.
D'autres s'interrogent sur l'existence des Amis de l'Université de Haifa alors qu'ils n'ont jamais entendu parler des Amis de l'Université Paris X à Nanterre et je les comprends également.
Ces interrogations font malheureusement confondre à certains Communauté et Communautarisme.
La différence est pourtant simple puisque la Communauté est une réalité sociétale avec ses valeurs, ses institutions et ses espoirs, le communautarisme lui n'est que l'action de s'isoler, de se "guettoïser" laquelle ne peut que desservir la Communauté plutôt que la servir.
Le Keren Kayemet LeIsraël (KKL) doit-il planter des arbres avec autant d'urgence que l'Office National des Forêts (ONF) plus près de nous, le Maguen David Adom a-t-il besoin de nous avec autant d'urgence que la Croix-Rouge Française ?
Une seule réponse me vient à l'esprit ; les citoyens on ne peut plus républicains que nous sommes paient des impôts pour que vivent nos forêts, nos hôpitaux et nos universités plus que centenaires.
Par contre, si nous pensons que l'existence et l'avenir de l'Etat d'Israël sont étroitement liés à l'avenir de la Communauté Juive de France, que l'Etat d'Israël est garant de la démocratie dans une région du monde, qu'un Etat d'Israël en paix avec ses voisins sera comme on dit... bon pour nous, alors nous devons l'aider, contribuer à son développement.
Si la solidarité juive reste une tradition, c'est sans nul doute parce que le peuple juif vit encore, après des milliers d'années, des moments difficiles et la pauvreté en Israël et dans la diaspora juive n'est plus un secret.
Ne relâchons pas nos efforts même si nous sommes si souvent sollicités. Sachons faire la part des choses, les besoins en matière d'aide aux plus démunis sont considérables et la grande campagne nationale de la Tsédaka qui a mobilisé des milliers de bénévoles a été, grâce au travail titanesque de son Président le Dr Joseph Zrihen, un modèle de solidarité qui fait la fierté de la Communauté Juive de France.
Quant aux nombreuses campagnes à caractère cultuel, c'est sans doute un autre débat pour lequel je m'interdis bien entendu toute immixtion.

Alain KAMINSKI



Janvier 2005

Shoah et pédagogie.

Les commémorations se succèdent à Paris et dans toute la France, on ne peut que s'en féliciter.
Le devoir de mémoire et celui de transmettre ne doivent souffrir d'aucun dysfonctionnement.
Et pourtant.
Je m'interroge sur ces commémorations organisées par les élus, tous horizons politiques confondus, puis ces débats dans les medias. Je m'interroge car je reste convaincu que certains rescapés ressentent un malaise parce que l'enseignement de la Shoah ne semble pas être en possession de sa "méthodologie pédagogique"; on ne maîtrise rien et les dérapages, les offenses de lycéens se rendant sur le site de Birkenau en témoignent.
On s'apprête à confier à notre Education Nationale l'enseignement de la Shoah, c'est normal, la Shoah c'est... de l'Histoire.
Si toutefois un programme pédagogique n'était pas respecté à la lettre, a-t-on mis en place un dispositif de surveillance telle une inspection générale très présente, des garde-fous.
Entre deux réunions syndicales, le cycle infernal des grèves à répétition qui ampute régulièrement les programmes et les centaines de jours de congés payés qui sont parfois la préoccupation majeure de ce corps, les enseignants auront-ils à coeur d'enseigner une période de l'Histoire dont les cicatrices sont apparentes ?
Le corps enseignant français, fortement syndiqué, obéira-t-il aux directives de sa tutelle ou bien renoncera-t-il purement et simplement à sa mission pour des raisons qu'il trouvera toujours en temps utiles ?
En observant à travers les medias ces commémorations, en y participant, force est de constater que l'on oublie un peu rapidement qu'Auschwitz a été libéré par l'Armée rouge, Bergen-Belsen (50 000 morts) par le 63ème régiment anti-char de l'armée britannique, Buchenwald (60 000 morts) par la 4ème division blindée de l'armée américaine et qu'aucune division française alliée n'a pénétré dans un camp de concentration, pas même celui de Natzviller-Strutoff (20 000 morts) situé sur le territoire national.
Et si on oubliait d'enseigner que si les Pays-Bas et la Belgique étaient gouvernés par l'Allemagne nazie, en revanche la France avait un gouvernement, un parlement, des lois promulguées et qu'elle a été le seul et unique pays à déporter vers les camps de la mort ses propres citoyens, hommes femmes et enfants ?
Et si on oubliait que la SNCF à la Libération avait facturé à la République retrouvée les montants des voyages en aller simple ?
Moi je n'oublie pas qu'un guide polonais à Birkenau m'a dit que la Shoah c'est six millions de morts dont trois millions de polonais.
Moi je n'oublie pas qu'au lycée Jacques-Decour à Paris il y a quarante ans un professeur d'histoire nous avait "enseigné" l'affaire Dreyfus sans préciser une seule fois que le capitaine était juif. Erreur judiciaire qui a pris des proportions inattendues provoquant une crise politique, avait-il dit.
Nous confions notre Histoire qui est celle de l'Humanité à un corps militant qui semble être un Etat dans l'Etat et c'est là toute l'inspiration de mon inquiétude.
Prenons date en lui souhaitant la plus grande réussite pédagogique mais prenons l'engagement de la placer sous très haute surveillance.

Alain KAMINSKI



Février 2005

Fallait-il "flinguer" le Chef du Gouvernement ?

12 février 2005, 20ème dîner du CRIF, invité d'honneur Monsieur le Premier Ministre.
Huit cents personnes étaient présentes, les représentations d'associations juives membres du CRIF, seize ministres, les élus de partout et d'ailleurs, le show-bizz etc.
Pour les représentants d'associations juives membres du CRIF, c'est le discours du Président Roger Cukierman et la réponse du Premier Ministre qui étaient attendus.
Nous attendons ce moment chaque année pour interpeller les responsables politiques sur ce qui nous préoccupe et cette année 2004 a été marquée par une recrudescence des actes antisémites avec pour toile de fond dans la plupart des cas les événements du Proche-Orient.
L'antisémitisme en France était la centralité du discours de Roger Cukierman, et le Chef du Gouvernement en connaissait la teneur puisque Matignon en est informé quelques jours auparavant afin d'apporter des réponses à la Communauté Juive de France. Telle est la règle du jeu.
C'est le énième dîner du CRIF auquel j'assiste mais le premier où l'incompréhension est au menu.
Les propos du Président Cukierman ont paru aux yeux de certains trop virulents, inélégants quand on est l'invitant, ceux du Premier Ministre décevants car il n'a répondu à rien, botté en touche sur chaque sujet pour conclure par du hors-sujet.
Qui a eu raison, qui a eu tort ?
Roger Cukierman qui a voulu tenir le langage de la vérité oubliant quelques règles diplomatiques ?
Le Premier Ministre qui s'est défaussé quitte à montrer que la situation n'est pas préoccupante ?
Les défenseurs de l'un et de l'autre en discutent encore et le feront probablement jusqu'au prochain dîner du CRIF.
Ce qui est certain, c'est que le Président du CRIF a parfaitement le droit, au nom de la Communauté Juive de France, de demander pourquoi les parents d'un enfant persécuté dans son collège toute l'année, traité de sale juif tous les jours,se retrouvent condamnés à 8000 euros d'amende pour procédure abusive par la justice qu'ils ont eux-mêmes saisi.
Parfaitement le droit de demander pourquoi au lycée Montaigne, un juif persécuté, harcelé toute l'année, est invité à quitter l'établissement alors que ses pérsécuteurs poursuivis devant les tribunaux sont invités à réintégrer leur établissement après avoir été suspendus.
Parfaitement le droit de reprocher à la France d'avoir laissé répandre les rumeurs d'empoisonnement d'Arafat, une démarche venue tout droit du Moyen-Age et qui ne peut que contribuer à répandre à son tour de l'antisémitisme.
A tout cela, le Premier Ministre n'a pas répondu comme si ces questions n'avaient pas même été posées. D'autres questions comme Al Manar, le négationnisme dans certaines universités, n'ont pas trouvé de réelles réponses non plus.
Nous avons quand même eu droit à la cerise sur le gâteau.
Le Premier Ministre, "quel bonheur" nous a annoncé qu'il avait répondu favorablement à l'invitation de Yad Vashem et qu'il se rendra en Israël pour l'inauguration d'un Mémorial de la Shoah.
Si cela est une réponse à l'antisémitisme dans nos banlieues, c'est tout de même surprenant.
Mais la cerise sur le gâteau nous est apparue de taille losrqu'il nous apprenait qu'il aura le plaisir de se rendre en Israël pour la première fois.
Identiques étaient les commentaires qui circulaient d'une table à l'autre : comment un homme qui a trente ans de politique derrière lui, qui a été Président de région, sénateur, ministre puis Chef de Gouvernement reconduit à trois reprises dans ses fonctions peut-il parler de la situation en Israël sans jamais avoir été une seule fois sur place, sans jamais avoir eu, ne serait-ce qu'à titre personnel, la curiosité intellectuelle de voir de plus près ce qui est le berceau de l'Humanité.
En conclusion, le Chef du Gouvernement a proposé une législation européenne pour mieux lutter contre l'antisémitisme, d'où l'importance de l'Europe dans ce domaine.
C'est à ce moment là que je ne savais plus où je me trouvais. Dîner du CRIF, meeting de campagne pré-referendum ?
Le lendemain, plusieurs ministres d'avant et d'aujourd'hui annonçaient dans la presse leur désir de ne plus assister au dîner du CRIF tant que son président se permettra d'émettre des critiques à l'égard de la politique étrangère de la France.
Bonjour l'ambiance.
Roger Cukierman ne fait que débuter son second mandat à la Présidence du CRIF et, son style aidant, le soutien des membres du CRIF lui est acquis, sans faille aucune.

Alain KAMINSKI



Avril 2005

Frein moteur

Le mouvement radical Hamas a annoncé qu'il présenterait des candidats aux prochaines élections législatives palestiniennes prévues le 17 juillet prochain.
Il serait hasardeux de tirer des conclusions hâtives, cette annonce ajoute de nombreuses interrogations quant à l'avenir de la région, la paix au Proche-Orient en particulier.
Une chose est certaine, l'ère Arafat semble lointaine car le monde entier a pris acte que le raïs était lui-même un obstacle à la paix, son existence même faisait barrage à toute négociation, sa survie politique était d'entretenir ce conflit, plus exactement de la laisser pourrir.
Cette annonce du Hamas confirme ce que l'on ne peut nier : la démocratie de l'Autorité palestienne, version Mahmoud Abbas, est une réalité. Mieux, l'Autorité palestinienne a su donner une leçon de démocratie au monde arabe qui aujourd'hui essaie à son tour de s'initier à ce nouveau sport.
Puisse-t-il s'entraîner et atteindre un haut niveau. Il lui faudra certainement de nombreuses années mais qui sait, en politique les sprinters prennent le pouvoir avant les marathoniens.
Nous avons été surpris par quelques vents de liberté, même si ceux-ci ne furent qu'un ersatz de démocratie.
En Arabie Saoudite, pays dont la démocratie n'est pas encore sortie du Moyen-Age, seul pays au monde qui porte le nom d'une famille, il y a eu des élections municipales mais ce prêt-à-voter était pour hommes !
En Egypte, Hosni Moubarak prévoit une élection présidentielle au suffrage universel avec des candidats ne pouvant être investis parce qu'issus de partis interdits et d'autres ne pouvant remplir les conditions draconiennes pour être candidat. Le raïs égyptien sera donc réélu pour un énième mandat avec un score soviétique.
En Syrie, on est président de père en fils, la Jordanie est une monarchie absolue, la Libye une dictature. En Tunisie on vote pour que le président soit élu à vie, au Maroc le roi a tous les pouvoirs, en Algérie le président maitrise personnellement tous les rouages de l'Etat pour se maintenir au pouvoir. Et j'en passe et des meilleures.
Nul ne disconviendra de la réalité de la démocratie palestinienne.
Avec l'annonce de sa participation aux élections législatives de juillet, le Hamas a incontestablement franchi un nouveau pas vers son intégration dans les institutions politiques palestiniennes.
Signe de changement pour ce mouvement terroriste dont les dirigeants ont encore les mains ensanglantées ?
Oui dans le meilleur des cas, non dans le scenario catastrophe qui verrait le Hamas majoritaire au parlement palestinien et poursuivre ses activités meurtrières avec une légitimité sortie des urnes.
Les Israéliens savent quand il le faut faire frein moteur à l'enthousiasme de certains qui oublient que le Hezbollah fait partie de l'échiquier politique libanais tout en restant armé et soutenu par d'autres nations qui ne souhaitent que la disparition de l'Etat hébreu.
Une présence massive du Hamas au Conseil Législatif Palestinien servira-t-elle Mahmoud Abbas dans ses efforts de paix ou bien annoncera-t-elle une lente érosion du pouvoir du président.
C'est le peuple palestinien lui-même qui en décidera au mois de juillet prochain et qui surveillera sans doute ses élus de très près.
Mais les Israéliens campent sur leur position et ils ont bien raison; quitter la bande de Gaza sans toutefois discuter avec ceux qui n'ont toujours pas renoncé à semer la terreur dans les autobus, les restaurants, les discothèques.

Alain KAMINSKI



Mai 2005

La Pologne sur tous les fronts.

La Pologne, décidément, ne recule devant rien pour se refaire une virginité, pour se distinguer dans le concert des nations, des nations européennes en particulier.
Son sport favori ? Le surf ou plus précisément comment surfer sur la culture juive sans trop faire de vagues.
Et on ne lésine pas sur les moyens, disons plutôt que la Pologne ne recule devant rien.
Après l'année Nowa Polska en France où le tout Paris se devait de tomber amoureux de la Pologne, celle-ci tient à rappeler au monde entier que sa voix est désormais une voix qui compte dans le décompte des voix au sein de toutes les instances importantes de la planète.
De Nicolas Copernic à Jean-Paul II en passant par Chopin et Marie-Curie, la Pologne affiche son universalité mais elle sait qu'il lui manque une corde à son arc, une corde qui a cédé il y a un demi-siècle : intégrer l'Histoire juive dans l'Histoire de la Pologne, comme si rien ne s'était passé de particulier, rien de très important à tout le moins.
Alors la Pologne surfe.
On commence par fêter mille ans de culture juive à Varsovie, on pavoise à tout va et on invite le Tout Tel-Aviv pour se donner bonne conscience, pour légitimer la fête en quelque sorte.
Puis on organise des circuits touristisques, on canalise les groupes, Place du Ghetto, prison de Pawlak, Centre culturel Juif, la synagogue avec son restaurant casher qui la jouxte, le théâtre yiddish Esther Kamienski, le boulevard Mordechay Anielewitz, le cimetière juif, bref tout est vendu, c'est un lot, c'est le tour juif boissons non comprises mais avec extension à Auschwitz avec visite de l'ancien quartier juif de Cracovie avec ses petits restaurants où on peut lire sur les menus : carpe à la juive.
En Europe, la Pologne se "colle" à toutes les manifestations culturelles yiddish, chaque ambassade de Pologne doit probablement avoir son fin limier pour explorer le dynamisme des Communautés qui font revivre la culture yiddish.
L'an dernier, la journée de la culture yiddish du 4 juillet 2004 s'était déroulée à Paris dans le cadre de l'année Nowa Polska. La deuxième édition de cette manifestation aura lieu cette année le 19 juin 2005 à l'Espace des Blancs-Manteaux dans le IVème arrondissement de Paris et s'appellera Le Yiddish en Fête.
Cette manifestation fait déjà l'objet de pressions pour que la Pologne soit à nouveau de la fête et les "plus hautes instances parisiennes" semblent souhaiter voir le yiddish réintégrer l'Histoire de la Pologne.
De quoi se mêle-t-on, me direz-vous.
Parmi d'autres arguments qui circulent, nous ne serions pas sans savoir que la Pologne figure en bonne place parmi les grands défenseurs de l'Etat d'Israël en Europe et qu'il faut la ménager, aussi nous rappelle-t-on les files d'attente devant l'ambassade de Pologne à Tel-Aviv d'Israéliens d'origine polonaise qui souhaitent obtenir la nationalité polonaise, c'est-à-dire... européenne.
Personnellement je ne vois pas le rapport avec la culture yiddish mais je le rappelle, la Pologne ne recule devant rien.
Dernière trouvaille et elle est de taille, des jeunes polonais de Varsovie, de Cracovie et d'ailleurs se découvrent des origines juives. On leur aurait caché le passé de leurs parents eux-mêmes cachés puis assimilés, disent-ils, alors ils ont créé une association : "Tchoulent".
Cette association leur permet d'évoquer le bon vieux temps qu'ils n'ont pas connu, d'apprendre le yiddish et l'hébreu et de se découvrir en groupe une judéïté.
Etre juif devient à la mode en ce moment en Pologne.
Et pendant ce temps-là avec les beaux jours, il y a foule en famille le week-end pour le pique-nique dans la forêt de Treblinka, c'est paraît-il la ballade romantique à ne pas manquer pour les amoureux de la nature.
Le polonais est une langue riche, il doit bien y avoir un mot pour dire nauséabond.

Alain KAMINSKI



Juin 2005

De la passion à l'addiction.

Dans une mauvaise émission de variétés comme il en existe tant à la télévision, une animatrice a demandé à un chanteur s'il était "addict" à la scène.
Voilà un terme nouveau que vous trouverez seulement dans des dictionnaires récents.
Il y avait des accros venant du verbe accrocher, à ne pas confondre avec les accrocs qui sont des déchirures même si l'étymologie est commune, aujourd'hui on est addict !
Mais cette animatrice ignore sans doute que l'addiction, avec ou sans drogue, est une maladie du cerveau. Elle a donc évoqué sans le savoir une pathologie reconnue pour demander à un chanteur si son public pouvait lui manquer.
Je n'irai pas jusqu'à déclarer ouvertement que certaines potiches du paysage audiovisuel français sont "addicts" à la bêtise mais je ne m'interdirai pas de souligner que l'utilisation voire la banalisation de certains termes peuvent occulter dans notre société une pathologie souvent ignorée avec les risques que cela comporte comme le refus de consulter.
De l'hémorragie des capitaux à l'hémorragie de nos cerveaux, les stars du PAF jouent de l'exercice illégal de la médecine comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.
Dans son excellent ouvrage "Ces dépendances qui nous gouvernent" chez Calmann-Levy, le Docteur William Lowenstein, rappelle que l'addictologie est bien l'étude des abus et des dépendances, c'est une démarche médicale.
Cet éminent spécialiste nous fait découvrir le monde des dépendances, de la drogue dure à la drogue douce, en passant par la cyberdépendance, l'alcool, le tabac, le jeu, le café, le chocolat, les achats compulsifs, le portable etc.
J'imagine que certaines dépendances se dévoilent et naissent avec les façons de vivre que propose la société du XXIème siècle.
Depuis trente ans, au hasard de rencontres diverses et variées grâce à un parcours d'activités sociales au cours duquel j'ai eu la chance de faire la part des choses, distinguer la raison de la passion, l'utile de l'indispensable, j'ai pu observer que l'engouement et l'engagement personnel chez certaines personnes sembleraient masquer une véritable addiction.
Des syndicalistes qui défendent une profession qu'ils n'ont jamais exercée, un très actif président d'association dont il est le seul membre, des hommes politiques qui font de la politique le jour et qui en rêvent la nuit, et bien d'autres situations absurdes encore, j'ai rencontré ces "forces vives" et me suis aperçu que leur combat les avait plongés dans des situations complexes: problèmes financiers, divorce, éternel célibat, solitude, angoisses.
Une thérapie n'aurait-elle pas été nécessaire à ces personnes qui se sentent investies d'un don d'ubiquité mais qui sembleraient ignorer l'existence, pour reprendre les termes du Docteur Lowenstein, de la " frontière de l'addiction".
Dans notre Communauté Juive de France, j'ai rencontré de grands militants dépendants.
Drapeaux israéliens sur les murs du salon, fanions de Tsahal sur les étagères, autocollants à l'effigie de Théodore Herzl sur la lunette arrière du véhicule, week-end à Eilat chaque trimestre, sans voir poindre la faillitte de leur entreprise car le gérant n'est jamais là, ni la destruction d'un couple dont le mari est toujours absent.
Pour se soigner, ils franchissent le pas, font le grand saut et émigrent en Israël. Ils laissent tout tomber, comme ils disent.
C'est au bout de six mois qu'ils se sont aperçus qu'ils étaient "addicts" au petit zinc du matin, à la Fête de la Musique, au PSG, et aux nocturnes de la FNAC.
Mais je ne reste qu'un observateur car je ne suis pas un homme de science et force est de reconnaître que l'information et la vigilance sont nécessaires dans notre société qui ne nous laisse pas toujours le temps de réagir.

Alain KAMINSKI



Juillet 2005

Un destin voué aux illusions

Pas facile de faire des reproches à une nation que l'on porte dans son coeur, mais je sais que l'amour délivre toujours des laissez-passer.
Le 11 juillet dernier, une cérémonie quasi-olympique s'est déroulée dans le grand stade de Ramat-Gan près de Tel-Aviv. Il s'agissait de la 17ème édition des Maccabiades, une réunion de tous les athlètes juifs de la planète, des Jeux Olympiques juifs en quelque sorte.
Pour cette curieuse manifestation quadriennale qui doit durer quatorze jours et qui coûte une fortune à l'Etat d'Israël, 7000 athlètes venus flanqués de 3000 accompagnateurs, rien que ça, les avis sont partagés et de nombreuses questions se posent sur le bien-fondé de ces Maccabiades qui existent tout de même depuis quelques décennies.
Deux écoles de pensées s'affontent à ce sujet, celle de ceux qui pensent que le sport est universel, qu'il doit rapprocher les peuples de tous horizons, et à laquelle j'adhère totalement.
Aussi je m'empresse de préciser que mon propos n'engage que moi et que les avis divergents sont les bienvenus.
D'ailleurs d'autres ne voient pas d'inconvénients à l'organisation de "Jeux Olympiques Juifs" au même titre qu'il y a les Jeux méditerranéens ou les Jeux asiatiques.
Mais dois-je rappeler que ces derniers n'avancent qu'un seul critère de sélection, la géographie. Ils sont donc ouverts à tous sans distinction de race ou de religion.
La comparaison me semble donc sans fondement aucun.
Ces "Jeux Olympiques Juifs" entretiennent une tradition, certes, mais celle-ci caresse-t-elle, du moins encore, le sens de l'Histoire, je n'en suis pas convaincu.
Quoi qu'il en soit ces Maccabiades (du nom des Maccabées qui se révoltèrent contre les Grecs puis régnèrent jusqu'à l'arrivée des Romains) ne sont guère médiatisées, le niveau des athlètes restant faible et les performances sportives inexistantes. Les israéliens eux-mêmes n'expriment guère d'engouement pour cette gigantesque et dispendieuse manifestation.
Quelques grands médaillés olympiques servent régulièrement de tête d'affiche promotionnelle, l'Ukrainien naturalisé américain Lenny Krayzelburg, triple médaillé d'or aux Jeux de Sidney en 2000 et l'inégalé Mark Spitz, septuple médaillé d'or aux Jeux de Munich en 1972.
Mais ces nageurs n'ont-ils pas fait vibrer le coeur de leurs concitoyens en faisant hisser la bannière étoilée et retentir l'hymne national américain.
Force est de reconnaître que ce genre de manifestation ne peut servir l'universalité du sport et que ces Maccabiades n'arrivent pas même à faire du sport un "incontournable" du judaïsme.
Les êtres distinguent mal, dans l'instant, ce qui deviendra mémorable de ce qui ne le sera jamais.
On croit vivre une grande chose qui, en fin de compte, s'échouera dans l'insignifiance.
Les Maccabiades espèrent-elles glaner une sorte de gloire à l'ancienneté ? Je crains qu'elles s'imposent elles-mêmes un destin voué aux illusions.
A moins d'y inviter l'âme de Saint-Exupéry qui nous écrivait :
"Si tu diffères de moi, mon frère, loin de me léser, tu m'enrichis."

Alain KAMINSKI



Septembre 2005

Une Autorité palestinienne sans autorité aucune.

Cette fois-ci, ils sont partis.
Les Israéliens se sont retirés de la bande de Gaza, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants ont quitté leur maison, abandonné leur travail pour aller ailleurs, parfois sans aucun point de chute.
L'armée israélienne a montré au monde entier, peu convaincu par habitude et mauvaise foi, son désir de paix, le prix fort qu'elle a payé pour cette paix qui n'est pas garantie pour autant.
Les Israéliens ont réglé ce retrait comme des horlogers, respectant un calendrier, ne négligeant rien.
Ils ont exhumé leurs morts, se sont chargés de tout jusqu'à récupérer les chats errants.
Les Israéliens auraient dû être félicités par le monde entier, eux qui avaient subi toutes les critiques, eux qui furent montrés du doigt par tous les médias.
Mais les Israéliens ont encore tort car le monde entier ne peut se priver d'un peuple juif toujours coupable de quelque chose, un peuple juif qui ne sera jamais parfait, c'est son fond de commerce.
Gaza restera antisémite sans juifs, ce n'est pas une nouveauté dans l'Histoire de l'Humanité, on brûle les "synagogues" désaffectées, on reproche aux Israéliens d'avoir détruit leur maison mais on continue à faire disparaître toute trace de la présence israélienne.
Les Palestiniens de la bande de Gaza vomissent une haine encore plus forte contre des occupants qui n'occupent plus, ils crachent encore plus fort leur venin car ils en ont encore beaucoup.
Désormais, ils affirment que les Israéliens occupent encore la bande de Gaza... l'espace aérien. Par ailleurs le peuple palestinien de cette même bande de Gaza affirme que ce retrait ne change rien, il ne peut que représenter le début du départ de tous les juifs du Moyen-Orient.
C'est pourquoi la loi à Gaza appartient aujourd'hui aux groupes armés, à la rue. C'est le chaos et on évoque déjà une responsabilité israélienne à ce chaos.
Constatant que l'Autorité palestinienne n'a aucune autorité, il serait souhaitable que les médias se déchaînent contre l'existence de ces groupes armés comme ils ont si bien su le faire contre l'armée israélienne.
Que ces mêmes médias aient le courage de critiquer ces jeunes palestiniens de Gaza, leurs meneurs, car cette fois-ci ils ne sont plus défendables.
Le moment est venu où la critique est nécessaire et féconde, le moment est venu où la presse se doit de reconnaître qu'elle s'est parfois trompée prenant aujourd'hui acte que les jeunes palestiniens de Gaza ne veulent d'aucune paix.
Le moment est venu pour les médias de savoir que le travail n'est jamais terminé.
Personnellement, pour crier cette vérité, je n'aspire pas au repos.

Alain KAMINSKI



Novembre 2005

La France a son Intifada

Les banlieues flambent.
Il ne s'agit plus de soulèvement mais bel et bien d'une situation insurrectionnelle.
Il ne s'agit plus d'une réaction à la mort accidentelle de deux jeunes adolescents qui voulaient éviter un contrôle de police mais d'un plan organisé visant dans un premier temps à déstabiliser l'Autorité de l'Etat et dans un deuxième à la rejeter purement et pas simplement.
Attaquer les commissariats, détruire les écoles, incendier les autobus, mettre le feu à la ville n'est pas sans nous rappeler que les fauteurs de trouble sont peut-être à bonne école.
Force est de reconnaître, Mesdames et Messieurs les journalistes et les Maires, vous qui avez tant justifié et soutenu la violence des jeunes palestiniens que la France a désormais son Intifada.
Avec la haine, le désir de rejet, l'appétit de destruction, ces jeunes tiennent aussi des propos qui ne sont pas sans rappeler d'autres événements: "la police est une force d'occupation, la France nous colonise, c'est Dieu qui nous guide, etc."
Le chômage n'explique pas tout, l'égalité des chances, et je le dis avec force, existe dans notre République, parce que ces jeunes ont eu le droit à l'école primaire, au collège, au lycée, à toutes ces institutions républicaines qui sont le creuset de la Nation et dont j'ai moi-même, issu aussi de l'immigration, bénéficié.
Et quel est le rapport entre cette violence et le chômage quand des gosses de dix ans sont dans la rue à deux heures du matin ?
Sont-ils confrontés aux problèmes de l'emploi ? Peut-être le seront-ils, effectivement, si on leur enseigne que leur avenir passe par une autre école, celle de la rue.
Alors il y a d'autres explications que les maires de ces communes prises dans cette tourmente oublient un peu vite.
Montreuil-sous-Bois est jumelée avec Kalkylia, Aubervilliers avec Beit-Jala, Stains avec le camp de réfugiés d'Al Amari et je ne citerai que trois communes sans pour autant oublier qu'il y en a tant d'autres dans la même démarche.
Les sites Internet de ces communes nous rappellent les liens étroits qu'ils entretiennent avec la Palestine, Etat officiellement souverain pour elles.
Ces sites nous informent que de jeunes stannois se rendent régulièrement en Palestine afin de mieux dialoguer avec les jeunes palestiniens et développer des projets communs.
A Aubervilliers, une association Auber-Palestine sert de passerelle pour des projets divers et variés et des rencontres entre jeunes sont régulièrement organisées pour... mieux comprendre.
Kalkylia est une vitrine pour Montreuil-sous-Bois.
Qui sème le vent...

Alain KAMINSKI



Décembre 2005

Propos et réactions inadmissibles.

Le Président iranien a d'une manière solennelle formulé le vœu de voir Israël rayé de la carte.
C'est sans doute une des rares fois, peut-être la première, qu'un Etat membre des Nations Unies souhaite purement et simplement la disparition d'un autre Etat membre de ladite organisation.
La Communauté internationale s'est indignée devant de tels propos. Mais une Communauté internationale somme toute restreinte et les couloirs de l'ONU n'ont guère paru très avalancheux.
D'ailleurs si avalanche d'indignations il y avait eu, celle-ci a du diminuer d'intensité en quelques heures.
Notre Ministre des Affaires Etrangères déclara sur France-Info et quelques jours plus tard :
"S'il s'avère que le président iranien a tenu de tels propos, alors il s'agirait de les condamner"
Merci Monsieur le conditionnel.
Quelques semaines passent et le président iranien revient à la charge en appelant l'Allemagne et l'Autriche à "recueillir" les juifs du monde entier, ceux d'Israël en particulier.
Cette fois-ci c'en est trop et Israël demande à la Communauté internationale le rappel des ambassadeurs en poste à Téhéran et des sanctions.
Notre Ministre des Affaires Etrangères semble alors sommé de réagir, il déclare toujours sur France-Info :
"Je pense que l'heure n'est pas à la condamnation de tels ou tels propos mais à la réflexion, plus particulièrement à l'attitude que nous devons avoir par rapport au programme nucléaire iranien".
En clair, l'appel au meutre des juifs n'est pas très grave et même s'il devait perdurer, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
En ce qui concerne le programme nucléaire iranien, on semble oublier que le danger nucléaire de cette région n'avait été écarté, c'était la centrale Osirak, que par l'action de l'aviation israélienne.
Souvenons-nous de cette opération militaire salvatrice que la diplomatie française avait sévèrement condamné, et pratiquement en boucle.
Décidément, même quand les relations franco-israéliennes se réchauffent, malheur quand même à celui qui osera dire du mal des extrêmistes de l'islam et gare à celui qui remettrait en cause le bien-fondé de certains discours.
Mais notre diplomatie a toujours fait référence en matière de pleutrerie, c'est une pathologie "quaidorsayienne" bien connue.
Vivement que l'on reparle de la grippe aviaire, nos poules sont déjà mouillées.

Alain KAMINSKI



Février 2006

La démocratie pour décor de vitrine.

Les commentaires vont bon train à la suite de la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes.
Peut-on en ajouter d'autres avant les semaines à venir qui vont être décisives ?
Peut-on imaginer qu'un mouvement dit de résistance, s'il est capable d'organiser des attentats meurtriers et particulièrement sanglants soit capable de les faire cesser ? Et que dire des autres mouvements terroristes qui n'ont pas participé aux élections ?
Si le Hamas ne peut "porter un coup d'arrêt" à la violence, s'il s'avère incapable de maîtriser une situation qu'il est désormais en charge de gérer, alors ces élections ne servent à rien et la Communauté internationale en général et Israël en particulier n'ont rien à attendre d'un système démocratique dont le peuple palestinien se sera servi pour installer légalement un futur état intégriste.
Les semaines à venir seront donc cruciales, le mouvement radical deviendra-il un mouvement politique prêt au dialogue, renonçant à la violence et reconnaissant l'existence et le droit de vivre de ses voisins.
En attendant, les israéliens observent, ils n'ont reçu le soutien franc et massif que de leurs amis américains, les diplomaties occidentales se montrent inquiètes mais restent extrêmement modérées dans leurs déclarations.
Prenons désormais acte que la démocratie n'est plus un gage de paix dans le monde et que d'autres projets apporteraient d'avantage de garanties et d'espoir.
Peut-être une de nos chères et indispensables exceptions que nous devons jalousement préserver : la Laïcité.

Alain KAMINSKI



Mars 2006

Le bal des hypocrites.

Il y a deux mois le Hamas remportait les élections législatives palestiniennes et déclarait dans la foulée qu'il ne reconnaîtrait jamais l'existence de l'Etat d'Israël.
A cela, il ajoutait qu'il poursuivrait la lutte armée par tous les moyens pour libérer la Palestine.
La réaction internationale ne se fit pas attendre et face à cette escalade verbale, l'Europe envisageait de suspendre toute aide financière à l'Autorité palestinienne.
Toutefois les observateurs politiques patientaient en attendant de connaître la composition "du gouvernement palestinien", de savoir si des modérés pouvaient l'intégrer.
La réponse vient de tomber : c'est non !
Le Hamas représentera seul le Parlement palestinien qui se transformera en diffuseur de haine officielle.
L'Europe reste sceptique sauf notre Quai d'Orsay, coutumier de ses volte-face et n'arrivant plus depuis six semaines à masquer sa politique propalestinienne.
Le chef de la diplomatie française vient de déclarer qu'il était urgent de poursuivre l'aide financière à l'Autorité palestinienne pour assurer les salaires de ses fonctionnaires et garantir la prospérité du peuple palestinien.
Bravo !!! Le Fatah avait détourné 700 millions de dollars disparus dans les poches de ses dirigeants, le Hamas utilisera l'aide de l'Europe pour se doter d'armes destinées à rayer Israël de la carte.
Le Hamas ne s'en cache pas puisqu'il mantient que la destruction de l'Etat d'Israël doit se faire par tous les moyens.
Le peuple palestinien, que l'on veut prospère et c'est à souhaiter, a exprimé par les urnes ce genre de priorité. Puisse-t-il réaliser rapidement que la démocratie lui a fait opter pour le mauvais choix.
Décidemment, les réactions, les condamnations, les prises de position des uns et des autres ne sont en France que poudre aux yeux.
Jamais la position de la France n'a été limpide dans une arène où elle s'érige bien trop souvent en donneur de leçons.
Le chef de la diplomatie française, comme tous ses prédecesseurs sans exception aucune, s'est une nouvelle fois conduit comme un torero exécutant sa véronique.

Alain KAMINSKI



Avril 2006

Hag Sameach

La Pâque juive est un de ces moments où les familles se réunissent autour d'une table montrant ainsi leur attachement à la tradition culinaire juive, cette attache indéfectible qui reste le seul lien capable de mettre d'accord les laïcs et les religieux.
Tant qu'il y aura cette table, on fêtera Pessach.
Certains disent qu'ils ne sont juifs que par la carpe farcie. Et pourquoi pas ! Merci et longue vie à la carpe farcie.
Et puis moi j'adore ce kidouch qui passe chez les hommes de l'aîné au cadet puis de même chez les femmes, j'adore ce moment si solennel et pourtant si ludique qui dessine chaque année un magnifique arbre généalogique avec ses pleins et ses déliés.
Les Israéliens ont prouvé au monde entier, à sa grande déception d'ailleurs, que leurs élections ne les interessaient pas plus que ça avec ces nouveaux partis, celui des retraités et bientôt peut-être celui de la feuille de salade en décoration. Cela veut bien dire que le peuple juif en terre sainte, en se rendant en famille à la plage le jour du scrutin, privilégie son quotidien, son bonheur, son confort et les réunions de famille en particulier.
La famille a retrouvé ses lettres de noblesse, masquées depuis des décennies par l'entreprise ou par des amis dont parfois les vertus se jettent dans l'intérêt comme les fleuves dans la mer.
Alors la sortie d'Egypte, c'est aussi bonne carpe et bon clops ou bons poivrons à l'huile !
Retrouvons-nous autour de cette table du Seder en famille et que ceux qui nous sont apparentés sans être juifs apprennent le plus vite possible à chanter " ma nichtana halaïla hazè mi kol haaleïlot " car cette table est celle de notre Histoire et notre Histoire est universelle, magique et bien sûr éprise de fraternité.

Alain KAMINSKI



Mai 2006

Pourquoi j'ai voté deux fois NON.

Dimanche 21 Mai 2006, Assemblée Générale du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, le CRIF.
A l'ordre du jour une réforme des statuts, nécessaire à l'évolution de l'Institution mais aussi l'examen de deux demandes soumises statutairement à l'Assemblée Générale.
La première demande émanait de l'AMIF, l'Association des Médecins Israélites de France, qui demandait une plus large représentativité, trois délégués au lieu d'un seul actuellement.
A une majorité confortable, l'AMIF a obtenu gain de cause mais pour deux délégués seulement.
Sans doute en demandait-elle trois pour en obtenir deux, ce n'est pas impossible.
La seconde demande émanait de l'Association Ozar Hatorah, un réseau national d'écoles juives, qui demandait son admission au sein du CRIF.
A une majorité plus restreinte, cette association a fait son entrée au CRIF avec un siège.

J'ai voté NON à l'AMIF et NON à Ozar Hatorah.
Explications.
En ce qui concerne l'AMIF regroupant 3000 médecins en France, je ne suis pas convaincu qu'il s'agisse de militants, peut-être s'agit-il de médecins inscrits par des amis pour faire plaisir.
De plus, j'ai rappelé qu'il existait déjà au CRIF les pharmaciens juifs, les dentistes juifs, les avocats juifs, les juristes divers et variés etc... et qu'à ce rythme le CRIF traverserait ce siècle sous la forme d'une confédération syndicale, ce qui n'a jamais été sa vocation.
Aussi, certaines décisions pourraient faire l'objet d'une alliance aboutissant à un vote corporatif, c'est dangereux pour la démocratie du CRIF, pour sa diversité également.
Je ne suis défavorable au maintien de ces associations professionnelles au sein du CRIF mais à condition qu'elles soient représentées par un délégué seulement.
J'émets quand même certaines réserves quant à un certain élitisme rampant de ces corporations.
A elles, j'eus préféré des associations représentées par des militants plutôt que certaines représentées par des spécialistes des implants.
Puis vint le tour d'Ozar Hatorah.
J'ai voté contre avec les deux mains car je ne suis guère convaincu qu'un réseau d'écoles juives puisse se manifester par un esprit d'ouverture qui par ailleurs a fait du CRIF la magnifique institution qu'elle est aujourd'hui.
Certes, nous ne sommes pas là pour exclure et la Communauté juive orthodoxe est partie intégrante de la Communauté juive de France. Mais nous devons aussi savoir faire un pas de côté comme ont su le faire d'autres associations membres du CRIF comme l'association pour l'amitié judéo-musulmane dirigée par le rabbin Michel Serfaty par exemple.
Chaque association membre du CRIF doit être dépourvue de tout préjugé et contribuer à renforcer cette image d'ouverture que celui-ci a toujours su préserver.
J'ai l'intime conviction que les dirigeants des écoles juives Ozar Hatorah ne partagent pas ce point de vue alors j'ai voté NON des deux mains, une me représentait personnellement et l'autre l'esprit des Amis israélites de France.

Alain KAMINSKI



Juillet 2006

2ème Festival des Cultures Juives : explications

Pourquoi avons-nous boycotté le 2ème Festival des Cultures Juives à Paris qui s'est déroulé du 14 au 29 Juin 2006 ?
Nous n'avons pas joué la politique de la chaise vide contrairement à ce que certains ont pu penser puisque nous fîmes partie du Comité d'organisation comme l'an passé.
Mais ce Comité d'organisation fut chargé depuis le mois de janvier avec le concours de la Ville de Paris de préparer une grande manifestation intitulée "le Yiddishland à Paris" dont la mission était de pérenniser la culture yiddish, de la rendre éternelle.
Or, pendant nos travaux de préparation, notre partenaire principal les mairies du IIIème et IVème arrondissement travaillaient sur un projet différent faisant fi de nos efforts et de nos inquiétudes dont la principale se traduisait par notre refus d'avoir pour partenaire l'Institut polonais.
Rappelons que l'Institut polonais est un établissement public fondé en 1979 qui a pour mission unique et originelle de mieux faire connaître la Pologne et d'en promouvoir la culture et la langue en France. Il agit sous la tutelle du Ministère des Affaires Etrangères de Pologne.
Aussi est-il permis de se demander sur quelle légitimité se fonde-t-il pour "s'ériger" chaque année en dépositaire de la culture juive.
Les formations et certains leaders politiques ouvertement antisémites étant au pouvoir en Pologne, il était hors de question de cautionner cette nouvelle donne polonaise en étant à leurs côtés pour les admirer surfer avec tant d'indécence sur la culture juive.
Le climat du Comité d'organisation devint délétère puis nauséabond.
L'Appel Unifié Juif de France, que diable allait-il faire dans cette galère, s'obstina dans sa participation la mort dans l'âme et jura mais un peu tard que l'on ne l'y prendrait plus. L'Ambassade d'Israël prit racine pour des raisons diplomatiques sans doute, une partie des participants annonçait leur retrait tout en figurant à leur insu sur le programme comme la Fédération des Sociétés Juives de France, et les mairies du IIIème et IVème arrondissement ne voyaient qu'une manifestation de plus dans un calendrier pré-électoral, enfin le Président du Comité d'organisation, pour des raisons qui lui appartiennent, démissionna deux semaines avant la manifestation.
La Ville de Paris se chargeait désormais de tout laissant à la Culture yiddish une plage horaire de quatre heures, le dimanche 25, sur un programme de quinze jours. Pauvre yiddish qui se préparait à un nouveau Yiddishland à Paris pendant que d'autres imaginaient autre chose.
Nous prenons acte que les intérêts particuliers se sont une fois encore placés devant l'intérêt général et notre fierté fut de ne pas accepter tout et n'importe quoi, de ne pas être pris en otages d'intérêts personnels. Et voir un drapeau représentant l'aigle qui symbolise la Pologne flotter sur un festival des Cultures juives pendant que Radio Maria déverse à travers toute la Pologne son venin antisémite, cela nous inspire peu de respect pour ceux qui n'y ont pas vu d'inconvénient.
Nous n'en voulons pas, bien entendu, à ces organisations juives, à ces radios juives qui ont été piégées, grugées, elles qui ont été contraintes malgré leurs très faibles moyens de participer financièrement à cette manifestation quand d'autres s'interdisaient de débourser la moitié d'un zloty.
Nous regrettons quand même que des élus de la capitale fussent restés de marbre devant notre sensibilité parce que l'objectif n'était que de faire... la fête.

Alain KAMINSKI
Président des Amis Israélites de France



Septembre 2006

Liban: rappel nécessaire

Les Italiens seront très présents dans le maintien de la paix au Liban et ils font l'unanimité, les Français feront de la figuration et cela semble préférable car l'état libanais sait ce qu'il doit ou plutôt ce qu'il ne doit pas à la France.
Il n'est pas totalement ignorant de la véritable responsabilité historique de la France dans le carnage permanent dans lequel se trouve le Liban, dévoré par les appétits venus du fin fond de l'Histoire, de Mésopotamie, des Perses et autres qui ne rêvent que d'une grande Syrie.
Qui, sinon la France , a construit ce chateau de cartes branlant qu'est le Liban ?
Qui, sinon la France, a géré ainsi les territoires qui lui ont été confiés ?
En donnant en 1926 une "constitution poison" à la future république libanaise, elle ne sera indépendante qu'en 1941 sur le papier et en 1943 sur le terrain, la France a créé un état ingérable, ingouvernable et invivable.
Le Président de la République devant être chrétien, le Premier Ministre musulman sunnite et le Président du Parlement musulman chiite !
Comment, sous pretexte de représentation des Communautés, peut-on inscrire une telle sottise dans une Constitution?
Comment un pays qui se veut depuis 1905 le chantre de la laïcité peut-il imposer une telle mixture dans une région qu'il a sous mandat ?
Le résultat est bien connu, on était chrétien ou musulman avant d'être libanais, un système clanique s'est installé et rares sont les présidents, chefs de gouvernement ou hommes politiques divers et variés qui moururent dans leur lit. La plupart ont du leur salut en s'exilant dans les immeubles cossus de l'ouest de Paris.
Les massacres perdurèrent et Sabra et Chatila n'étaient qu'une vengeance interconfessionnelle, les Israéliens n'avaient rien à voir dans ce drame, le monde entier le savait.
Les musulmans ont donc décidé de créer un état dans l'Etat et à Beyrouth même, pour aller d'un quartier à un autre tenu par le Hezbollah, c'est-à-dire par la Syrie et l'Iran, il faut passer des barrages c'est-à-dire une frontière.
Le Liban tel que la France l'a constitué est donc, force est de le constater et de l'admettre, une région sous tutelle des religions.
Le Général Catroux qui a promulgué l'indépendance du Liban ne semblait guère très préoccupé par l'avenir de ce pays, peut-on, à tout le moins, l'imaginer.
Aujourd'hui la France joue les bons offices, du moins essaie-t-elle, mais fait bien entendu table rase de sa responsabilité historique.
Et il y a eu cet été au Liban des hommes, des femmes et des enfants qui sont morts sans comprendre pourquoi on avait construit leur pays ainsi il y a soixante ans.
Et des enfants d'Israël qui sont tombés pour protéger leur famille, pour que le peuple d'Israël puisse vivre en paix.

ALAIN KAMINSKI