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Cinéma
Mis à jour 30/04/2008
Les Toiles de Ben… Le retour 5
Par Benjamin Goldenberg
Les Amis Israélites du Film Israélien….
Après s’être intéressé au « F » des AIF, il était logique de revenir au « I » afin d’évoquer le cinéma israélien. Les succès des Méduses ou de La visite de la fanfare ont permis de placer de façon significative Israël sur la carte du cinéma international.
« Beaufort » de Joseph Cedar semble être l’exemple le plus frappant du développement de la production cinématographique de ce petit pays qu’est Israël. Ce film aborde le sujet sensible du retrait de l’armée israélienne du Liban au début des années 2000. Beaufort, une forteresse, un avant-poste situé en haut d’une montagne oubliée, fut le symbole de la présence israélienne au Liban et finalement du retrait de Tsahal.
Francis Ford Coppola mettait en scène l’embourbement des forces américaines au Vietnam dans Apocalypse Now. Sam Mendes, quant à lui, évoquait l’interminable attente des G.I. lors de la première guerre du golfe dans Jarhead, qui avait déjà fait l’objet d’une critique sur ce même site. Joseph Cedar dans Beaufort s’attarde à son tour sur ce pan peu exploité des grands films de guerre : l’attente.
Cette attente est sujette à la réflexion tant pour ces soldats israéliens aux gueules enfantines que pour le spectateur. On s’interroge avec eux sur l’opportunité d’une telle guerre, sur le réel objet de cette division située en territoire ennemi dont le départ est imminent.
Joseph Cedar a voulu s’intéresser, selon ses propres dires, à la fin de la guerre, avant l’inévitable retrait des forces de la forteresse de Beaufort. L’armée voulait à tout prix éviter de donner l’impression d’une fuite. Il en est de même dans le film pour le réalisateur qui semble en effet ne pas vouloir abandonner ses personnages. Il les filme à la façon d’un père protecteur, mais non complaisant. Il les place dans des situations psychologiquement difficiles tout en gardant un œil bien veillant et une réelle humanité. Ce thème de la paternité est repris dans le film, soulevant la question de la responsabilité du pays quant à ses soldats.
Beaufort fut nommé dans la catégorie « meilleur film étranger » aux Oscars, mais se vit ravir la statuette par le non moins excellent « Les Faussaires », film autrichien sur l’histoire de ces déportés forcés par l’armée allemande à fabriquer des faux billets pour couler l’économie américaine et anglaise. On regrette d’ailleurs que ces deux films n’aient pas reçu la publicité et la distribution qu’ils méritaient. Deux films qui nous touchent plus particulièrement, mais dont l’ampleur est universelle. I comme Israélien, I comme International…
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