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Théâtre
Mis à jour 21/02/2010
: passez votre chemin
: peu d'intérêt
 : pas mal
  : très bon film
   : grand film
    : chef d'œuvre
Maison de poupée
   
C'est l'évènement théâtral de ce début d'année. La maison de poupée d'Ibsen investit le théâtre de la Madeleine et c'est Audrey Tautou qui incarne son héroïne, Nora.
Véritable expérience test, cette jeune comédienne de 33 ans idôlatrée pour son rôle mondialement connu d'Amélie Poulain, revient donc à ses premiers amours pour tenter de relever le défi. Faire (re)vivre un personnage intense et complexe.
Nous sommes au XIXème siècle, l'histoire se déroule dans une famille bourgeoise norvégienne et Nora est une femme enfant. Choyée par son mari, elle reste confinée dans la maison, loin des problèmes de ce monde, heureuse en apparence. Des apparences si importantes dans un monde de faux-semblants et de superficialité qui, pour une histoire de faux en écriture vont l'entraîner dans une remise en question existentielle.
Sa volonté de reprendre en main sa vie va la pousser à quitter mari et enfants.
Dès le premier tableau de la pièce, c'est une Audrey Tautou étincelante de mystère qui apparaît, seule, raide, le visage inquiétant. C'est une comédienne brillante et habitée qui va se métamorphoser sous nos yeux. Cette "femme de", cette poupée, va se mettre à découvrir la vraie vie, le vrai monde. Elle va devoir accepter la vérité de sa condition, elle va devoir trouver le courage d'y faire face. Un rôle sans filet, interprété toujours avec justesse, charme et élégance et cette dose de malice qui fait son charme rend le personnage d'autant plus attachant. On est émerveillé devant tant d'énergie et de fragilité, comme si sur scène elle trouvait tout l'espace qu'elle souhaitait pour servir au mieux un texte exigeant qui n'a d'ailleurs pas pris une ride.
Au XIXème siècle, Ibsen fait déjà résonner les sirènes de la révolte avec cette volonté de bousculer et de montrer du doigt ces familles bourgeoises pourries de l'intérieur. Plus encore que le droit des femmes, on y parle du pouvoir de l'argent, de son influence, des réseaux, de posture que nous impose la société. Michel Fau, metteur en scène et acteur, cauchemardise notre vision de la bourgeoisie classique et grâce à des couleurs très feutrées, des éclairages et des costumes volontairement sombres, des visages macabres, il installe un climat mêlant angoisse et drôlerie, où l'espace va se refermer sur Nora comme pour mieux l'étouffer, l'expulser de cette vie qui n'en est pas une.
Le résultat est puissant de modernité.
A l'image du dernier face à face tendre et émouvant, cette Maison de poupée vous emporte et vous embarque. Une réflexion puissante et actuelle de notre société, visuellement très belle, et bien sûr, portée par une comédienne brillante qui irradie la scène et le spectateur.
Une réussite totale et une vraie bouffée d'air frais.
Du mardi 16 février au mercredi 26 mai 2010.
Lieu : Théâtre de la Madeleine : 19 rue de Surène, 75008 Paris / Métro Madeleine.
Représentations : du mardi au samedi à 21h00.
Matinées : du 16 février au 26 mai le samedi à 18h00 et à partir du 27 mai le dimanche à 15h00.
Réservations : 01.42.65.07.09 / 0 892 68 36 22 / www.theatremadeleine.com
Prix des places : de 20 € à 47 €, et 10 € (- 26 ans du mardi au jeudi).

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