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Carnet I Les sociétaires dans le monde I Galerie de portraits I Contribution culturelle I Emploi La vie des adhérents : Contribution culturelle Par Abel BLIMBAUM L’exposition DADA 11/12/2005 Pour la première fois en France, est réalisée l'exposition sur le mouvement dadaïste. Pourquoi aujourd'hui et pourquoi il est intéressant d'aller la voir ? Ce mouvement préfigure la matrice plastique et idéologique de l'art contemporain. DADA : mouvement intellectuel et artistique, d'essence subversive, qui naît à New York en 1916 et essaime comme une traînée de poudre en Suisse, Allemagne, France, et reçoit son nom, pris au hasard, par l'un des instigateurs, Tzara. Sa durée de vie est très courte : 6 ans. Il est supplanté par les surréalistes à partir de 1923. Ce mouvement exerce une influence ravageuse sur le monde intellectuel et cette tempête déferlante va être encouragée par des écrivains et des philosophes. On peut appeler ce mouvement "d'avant-garde" dans le sens étymologique du terme. À Zurich en 1916, Hugo Ball, Tristan Tzara, Marcel Janco, Hans Arp, Hans Richter, animent des rencontres où interviennent différents "représentants" des arts. À New York, Marcel Duchamp, Francis Picabia, Man Ray, se regroupent autour de la revue 291 du photographe Alfred Stielglitz. En Allemagne, le mouvement se développe avec Grosz, Max Ernst, Shwitters. C'est à Paris que le mouvement connaît son apogée et sa fin avec la rencontre entre Tzara et André Breton. Ce mouvement crée des revues, des affiches, organise dans des lieux publics des débats, des rencontres. Il fait suite aux horreurs de la première guerre mondiale, et c'est après ces carnages que ceux qui participent à sa création veulent exprimer tout leur dégoût pour cette sale guerre, cette boucherie sans nom. Ils ne souhaitent plus continuer à cautionner cette vie, ce comportement de l'humain, cette déshumanité. DADA : éloge de la subversion ; rejet de la société ; désacralisation du monde et des arts en particulier ; remise en question de toutes les règles qui régentent l'art et la création sous tous ses aspects (peinture, sculpture, musique). L'apparition du collage, le photomontage, la poésie sonore, le happening, la performance avec des matériaux de récupération. C'est le mouvement le plus inventif du XXe siècle. Il revendique le droit de tout oser. Des écrivains comme Aragon, Apollinaire, apportèrent leur contribution aux thèses défendues par les dadaïstes. Si le mouvement dada était politique, on aurait dit que c'est une organisation révolutionnaire. Mais comme ce mouvement n'est qu'artistique, on l'appelle mouvement avant-gardiste. Le comportement, la réflexion, le positionnement, font penser à un groupe anarchiste. La contestation absolue, la négation de tout, la réflexion des "meneurs" et, "du passé faisons table rase", ne peuvent nous empêcher de faire des rapprochements de cette nature. Le mouvement dadaïste de par sa virulence, ses provocations, son action d'anti--art, ne pouvait durer. C'est pourquoi son "extrémisme" a permis de briser des tabous et aller très au-delà de ce que le monde des arts pouvait accepter lui-même. André Breton a pu introduire le surréalisme de façon fluide après cet électrochoc. C'est à partir de ce mouvement dadaïste que naîtront par des chemins de traverse les tendances (happening, Pop Art, nouveau réalisme, art conceptuel, le concept d'installation, etc.). Pourquoi parler de cette exposition, alors que tant d’autres ont lieu actuellement, et non des moindres (les peintres russes, Vienne 1900, la fondation Philips….etc.) ? Il m’a semblé que, pour entrer dans la compréhension de l’art contemporain, il faut connaître les grilles de lecture. Qu’on l’apprécie ou pas, c’est une autre problématique. Cette exposition permet une immersion dans cet univers. |
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